Avant de devenir l’une des plus grandes puissances mondiales, les États-Unis n’étaient que treize colonies britanniques installées sur la côte Est de l’Amérique du Nord. Ces territoires étaient donc soumis à l’autorité de la monarchie anglaise, dont le souverain était le roi George III. Après la guerre de Sept Ans, conflit qui commença en 1756 et qui prit fin en 1763, la Couronne britannique imposa de lourdes taxes et impôts à ses colonies afin de renflouer ses finances.
De la domination britannique à l’indépendance : l’histoire des treize colonies.


Des contributions volontaires furent alors réclamées aux colons afin de justifier la guerre longue et coûteuse entreprise, notamment pour protéger ces colonies. Non seulement elles devaient payer plus de taxes, mais sans pour autant leur accorder de représentant politique. Parmi les taxes figuraient des droits d’entrée sur les marchandises importées, notamment sur le thé.
Cette situation provoqua de vives tensions qui amenèrent, en 1773, au conflit que l’on appelle aujourd’hui la Boston Tea Party : des colons, déguisés en Amérindiens, jetèrent des cargaisons de thé dans le port de Boston pour protester contre le Tea Act. En réaction, la Couronne britannique instaura le blocus du port de Boston et adopta des lois répressives connues sous le nom d’Intolerable Acts, accentuant encore plus les tensions entre l’Angleterre et les treize colonies.
Face à cette oppression, les colonies s’unirent progressivement – à l’exception initiale de la Géorgie. En 1774 puis 1775, les représentants des colonies se réunirent alors au Congrès de Philadelphie, où fut rédigée une déclaration de droits affirmant les libertés et les revendications des colons. Cette mobilisation conduisit, le 4 juillet 1776, à la Déclaration d’indépendance, marquant la rupture officielle avec la Grande-Bretagne.
© Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
©Source BnF, département des Estampes et de la Photographie, QF1-FOL (3) /
La guerre se poursuivit et les colonies reçurent une aide décisive de la France, désireuse d’affaiblir son rival britannique. Des figures importantes comme le Marquis de La Fayette et Tadeusz Kosciuszko apportèrent leur soutien militaire aux insurgés américains. Grâce à cette alliance, les forces coloniales remportèrent une victoire déterminante en 1781 lors de la célèbre bataille de Yorktown.
Cette victoire permit d’assurer l’indépendance des colonies. Elles devinrent alors les treize premiers États des États-Unis d’Amérique. L’Angleterre reconnut officiellement cette indépendance, qui fut conclue par un accord international, signé à Versailles en 1783, et mettant fin au conflit, scellant ainsi la naissance d’une nouvelle nation.


©Source : collection.chateauversailles.fr/ ©Château de Versailles, Dist. RMN/ © Christophe Fouin/ Siège de Yorktown, peint par Auguste Couder en 1836. Collection du château de Versailles.12
Le début d’une nouvelle ère américaine
Au lendemain de la guerre d’indépendance, les anciennes colonies entrèrent dans une nouvelle ère en devenant une nation : les États-Unis d’Amérique. La priorité fut alors d’établir un système politique stable, tout en évitant toute dérive vers une nouvelle forme de monarchie, encore associée à l’oppression britannique. Le pouvoir devait appartenir au peuple, et non à un roi. Dans ce contexte, George Washington s’imposa naturellement comme le premier chef de cette nouvelle nation. Son rôle décisif pendant la guerre d’indépendance, son autorité morale et son refus constant du pouvoir personnel expliquent pourquoi il fut élu premier président des États-Unis. George Washington craignait profondément toute concentration excessive du pouvoir et rejeta toute comparaison avec un monarque.
Cette méfiance se traduisit jusque dans sa manière d’exercer la fonction présidentielle : il refusa l’idée d’un palais officiel, là encore symbole de la monarchie, et choisit d’occuper temporairement deux hôtels particuliers loués pour se loger et travailler. Cependant, la jeune administration se développa rapidement. Les espaces disponibles devinrent insuffisants pour accueillir les institutions exécutives en pleine expansion. Il apparut alors nécessaire de créer un lieu exécutif dédié, distinct d’un palais royal mais capable d’incarner l’autorité de l’État. C’est dans ce contexte qu’émergea l’idée d’organiser un concours d’architecture pour concevoir ce futur bâtiment que sera la Maison Blanche.
Pour en apprendre plus et découvrir l’histoire de ce bâtiment emblématique, je vous invite à écouter le podcast consacré à l’histoire de la Maison Blanche.
