Ce vendredi 13 février 2026, nous avons assisté à la retransmission en direct du décollage de la mission Epsilon, et la France vit un moment historique.

Sophie Adenot devient la deuxième femme française à s’envoler pour l’espace. Mais avant d’en dire plus sur son parcours ainsi que sur les nombreux objectifs qui l’attendent à bord de l’ISS (Station Spatiale Internationale), revenons sur l’histoire de Claudie Haigneré, la première femme française à être allée dans l’espace.

De Claudie à Sophie : les Françaises écrivent l’histoire spatiale.

La pionnière : Claudie Haigneré

Claudie Haigneré commence sa carrière professionnelle en tant que médecin. Docteure en médecine, spécialisée en rhumatologie et en médecine aéronautique et spatiale, elle possède également un doctorat en neurosciences.

Elle fut également présidente d’Universcience à Paris entre 2010 et 2015, ainsi que conseillère auprès du directeur général de l’Agence spatiale européenne jusqu’en 2020.

Elle est sélectionnée par le Centre national d’études spatiales (CNES) en 1985 et intégrera par la suite le corps des astronautes européens. Elle possède une expertise médicale, ce qui en fait un atout majeur pour les recherches, notamment sur les adaptations physiologiques en microgravité.

Portrait officiel de Claudie Haigneré, astronaute, membre de la mission ANDROMÈDE, ESA.                            ©Crédits photo : Site officiel ESA.                                                                                                                                         Portrait officiel de Sophie Adenot, astronaute, membre de la mission εpsilon, ESA. ©Crédits photo : NASA/Helen Arase Vargas and David DeHoyos.

©Crédits photo : Site officiel ESA

Après onze années de sélection, Claudie Haigneré participe à sa première mission dans l’espace, à bord de la station orbitale russe MIR. Cette mission franco-russe, nommée CASSIOPE, d’une durée de seize jours, lui permet de réaliser plusieurs expériences d’ordre biologiques, médico-physiologiques et techniques.Elle intégrera l’Agence spatiale européenne ainsi que le corps des Astronautes européens en 1999.

En 2001, et après plus de neuf mois de formation, elle rejoint la Station spatiale internationale (ISS), devenant la première femme française et européenne à y travailler. La mission à laquelle elle participe avec plusieurs cosmonautes russes se nomme ANDROMEDE et s’étend sur huit jours. À bord de l’ISS, Claudie Haigneré est ingénieur de bord n° 1. À cette fonction, elle réalise un programme expérimental dans les domaines de l’observation de la Terre, de l’étude de l’ionosphère (couche supérieure de l’atmosphère terrestre ionisée par les rayons UV solaires), des sciences de la vie ainsi que des sciences de la matière.

Au-delà de ses missions, elle poursuivra une carrière institutionnelle et politique dans les domaines de la recherche et de la coopération scientifique internationale. Mais son héritage le plus marquant reste d’avoir ouvert la voie.

Sophie Adenot a suivi dans l’armée une formation afin de devenir pilote d’hélicoptère. Ainsi, elle obtient son diplôme de pilote d’essai en 2018. Ce diplôme lui a permis d’être l’un des pilotes d’essais de la DGA (Direction Générale de l’Armement)C’est en 2022 que sa carrière prend un nouveau tournant : elle est sélectionnée par l’European Space Agency parmi plus de 22000 candidats. Sa formation d’astronaute, qui dure un an, se déroule d’avril 2023 à avril 2024, au terme de laquelle elle est déclarée apte à réaliser des missions spatiales.

Mission εpsilon : neuf mois en orbite

La mission εpsilon, coordonnée notamment par le CNES, a conduit Sophie Adenot à bord de l’ISS pour une mission de 9 mois. C’est d’ailleurs elle qui a choisi l’écusson et le nom de cette mission : εpsilon. Ce nom symbolise l’idée qu’une contribution, même minime à l’échelle cosmique, peut produire un impact scientifique significatif.

Son écusson, lui, est composé de plusieurs points (dont trois d’entre eux reprennent les couleurs du drapeau français et symbolisent la Terre, la Lune et Mars), qui symbolisent ces contributions minimes, ainsi qu’un colibri, plus petit oiseau de la planète Terre mais pourtant essentiel pour son écosystème. Le dernier élément de cet écusson est une étoile filante qui fait directement référence à l’espace.

À bord, le rôle de Sophie Adenot sera multiple :

  • Conduite d’expériences scientifiques en microgravité

  • Participation aux opérations techniques et de maintenances

  • Étude sur la physiologie humaine

  • Tests technologiques pour les futures missions lunaires

Comme Claudie Haigneré avant elle, Sophie Adenot participera à un programme scientifique international structurant pour l’avenir de l’exploration humaine.

La relève : Sophie Adenot

Vingt-cinq ans plus tard, Sophie Adenot s’inscrit dans cette continuité. Ingénieure diplômée de l’ISAE-SUPEARO (Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’Espace) à Toulouse, cette formation, qu’elle suit de 2001 à 2003, lui permet de se spécialiser dans la mécanique de vol aérospatiale.

Elle complète cette formation en 2004, par un master en science des facteurs humains aéronautiques et spatiaux au MIT (Massachusetts Institute of Technology). Avant d’intégrer l’armée de l’air et de l’espace en 2005, elle fut membre du laboratoire homme-machine au sein du département AERO-ASTRO. La thèse qu’elle a rédigée aborde notamment le sujet de « l’adaptation du système vestibulaire à la gravité artificielle afin de définir un entraînement des astronautes face à la gravité artificielle et à la force centrifuge » ( source : site officiel de l’ESA).

©Crédits photo : Site officiel ESA

Un passage de témoin

De MIR à l’ISS, des premières expériences médicales aux recherches technologiques avancées, la présence française dans l’espace s’inscrit dans la durée.

Vingt-cinq ans séparent ces deux missions, mais elles traduisent une même ambition : repousser les frontières de la connaissance.

Ce vendredi 13 février 2026, à 5h15 du matin en Floride, Sophie Adenot, accompagnée de trois autres spationautes américains et russes, s’est envolée pour l’espace. La capsule Dragon dans laquelle elle se trouvait s’est amarrée à l’ISS après pas moins de 34h de vol libre. Et a enfin pu entrer dans la station le samedi 14 février 2026.

Neuf mois, pas moins de deux cents expériences, préparées pour certaines d’entre elles par le CADMOS, le Centre d’aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales, entité du CNES basée à Toulouse. Fait marquant de la mission : l’une des expériences sera spécialement dédiée à la jeunesse. Elle sera réalisée par Sophie Adenot en orbite, simultanément avec 4500 classes sur Terre.

Rendez-vous dans neuf mois pour mesurer les résultats de cette mission et écrire la prochaine page de l’histoire spatiale française.

©Sources : sites officiels de l’ESA et du CNES.

Patch de la mission ANDROMÈDE, 2001 ©CNES 2001 ZIGZAG/Virginie Enl’Art. Patch de la mission εpsilon, 2026. ©CNES 2026.

De Claudie à Sophie : les femmes françaises écrivent l'histoire spatiale.

RinaScitA

2/15/2026